29.08.2007

supermarché

Parfois, ma seule sortie de la journée, c’est le supermarché. Ces jours là, c’est mon seul contact avec le monde extérieur, celui qui est palpable. Ce mot, palpable… L’autre jour, ce fut le cas, je sortais de la maison chercher la pitance familiale. Un manque de contact physique avec celui qui partage ma vie devenait crucial. Dans ces moments là, j’ai le sentiment de déborder. La moindre surface de peau réclame sa part de toucher, mon nez est à l’affût de la moindre phéromone qui me ferait dégoupiller… mes yeux cherchent une peau sur laquelle s’accrocher. Après, entre le caddie et ma liste, mon imaginaire fait le reste….

Tiens, toi, par exemple, tu es là, dans les rayons. Je t’ai bien vu, senti aussi. Tu bosses dans la chantier à côté, tu tiens de quoi casser la croûte. Ta peau est tannée par le soleil, des tâches de peinture la maculent ici et là...

Putain, mais lâche ça ! Vire mon caddie loin dans la travée ! Colle moi contre le rayon des boîtes de conserve et pose tes mains - jeunes et pourtant calleuses - sur moi ! Prends mes seins et baise ma gorge ! Enfourne ta langue dans ma bouche et ne me laisse pas le choix. Coince moi. Je n’attends que ça !

Colle toi contre moi et descends tes mains sur mes hanches. Je veux sentir ce qui se dessine entre tes jambes…

Tu veux changer ? prends mes cheveux et retourne moi. Ma tête calée dans les paquets de pâtes, je suis à toi ! Soulève ma jupe et empale moi ! Fais le ! Tu remontes tes mains de mes hanches le long de mes bras, tu prends mes mains et je sens ton souffle chaud dans mon cou…

Mais tu lâches et je m’agrippe aux rayons maintenant ! Tout tombe autour de nous ! Et…

Moutarde, ne pas oublier la moutarde…

Je me dirige vers les caisses. Non, là maintenant, il faut que je me concentre. C’est toujours un moment de grand stress l’étape de la caisse ! Vider le caddie, le remplir de l’autre côté. Payer. Partir.

Je ressors sur le parking. Le seul souffle que je ressens, c’est-ce vent chaud qui bouscule ma chevelure. Ma peau est toujours sur sa faim. Je navigue entre sourire et tristesse.

Mon homme va-t-il se réveiller ce soir ?