01.09.2007

my spaïce

En premier lieu, je suis bien fière de ma bannière.

En second lieu - et malgré mon désir, je n'ai pas osé dépasser le baiser sur ses lèvres. Il semblait préoccupé... Alors je suis encore à cette heure-ci devant cet écran.

Je me suis branchée sur my spaïce, pour voir quels autres spaïces étaient présents. A ce jour, j'ai plein "d'amis". 30 en moins d'une semaine ! ouaou ! Mais ce soir, il n'y a personne (idem sur msn, des fois on se sent maudit). Je découvre un peu plus chaque jour le fonctionnement de cet univers. Des invitations, des petits messages, des petites attentions. Trois fois rien, mais ça fait toujours plaisir, même si je ne comprends pas toujours le sens de ce qu'on m'envoie, ça frise le glauque parfois. Je ne suis pas une fille très rapide et j'aime prendre mon temps à l'entendement du monde. A mon tour j'envoie des petits trucs que je bidouille, je me dis que des petites images personnalisées en rapport avec l'univers de l'autre, ça doit toucher quelque part. Dans ma boîte à amis, j'ai : des filles à l'univers étrange, une "housewife" très fifties, des musiciens avec qui je fais ma groupie de bas étage (j'ai honte), deux jeunes mexicains un peu trop portés sur des trucs sordides (à qui j'envoie des exvotos mexicains, va comprendre), et puis d'autres qui sont là... Objectif : occuper les spaïces des autres, dire encore une fois "j'exiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiste" (c'est récurrent en ce moment chez moi, c'est dingue)...

Sur l'autre écran, la télé, c'est la finale d'une émission dont j'ignorais l'existence. Des gravures de mode vulgaires gens sortent d'une maison où ils étaient enfermés, genre loft. Secret story, tel est le nom. Là encore, trop de choses m'échappent. Je crois que je ne vis plus dans la même dimension.

Et encore plus loin de moi, dehors, c'est la fête. Les auto tamponneuses sont au bout de la rue. Quelques jeunes s'égarent dans la rue. Des boum boum boum arrivent jusqu'à mes oreilles.

Au dessus de moi, un homme est dans les bras de Morphée.

Dans le spaïce de mon cerveau, l'image d'un grain de beauté me hante.

Et moi, je me demande dans quel spaïce j'erre...

30.08.2007

control z

Qu'est-ce que j'ai moi à vouloir exister tant que ça en ce moment ? J'épie mes mails, je laisse mes traces à droite et à gauche, je regarde qui est en ligne... oh là ! faut arrêter madame ! ça ne va plus du tout ça ! Ben oui, je sais. J'attends quelque chose ? Non, je ne crois pas...

Alors qu'est-ce que je fous là ? Ah, si, je sais ! Je suis collée à mes deux écrans d'ordinateur à faire des choses certes intéressantes mais j'ai envie d'aller voir ailleurs. Là où il y a un semblant de vie, là où je me donne l'impression de vivre en société. Pourtant, dans mon travail, j'en croise des gens ! C'est même la matière principale que je manipule. J'accompagne, je mets en mouvement, je bâtis des stratégies respectant les suceptibilités de chacun, je joue avec leur envie d'exister à eux, je prédis de leurs comportements... ça use, la psyché humaine.

Heureusement (non, je n'ai pas ouvert un énième blog pour me plaindre) aujourd'hui j'ai fait autre chose (en plus de savoir si on avait pensé à moi quelque part dans l'univers, 'vers, 'vers, 'vers...). J'en suis revenue à mes premiers amours de labeur. Je n'ai plus manipulé des esprits mais des blocs faits de textes et d'images. Maître à bord avec des choses qui n'ont pas de répondant, de retenue, de blocage. Zip, je fais glisser, tac, je supprime... Le plaisir est que le résultat est là, immédiat, visible, joli et envoyable !

Comme c'est reposant...

Et demain j'en reviens aux humains.

j'ai pas réglé mes contes

Ô non !

Je traîne toujours ces images mielleuses de ce mâle - qu'on appelle prince charmant - et de cette femelle - plus connue sous le titre avantageux de princesse. C'est comme un fil à la patte, un romantisme éculé, un attentisme béat. Pas le reste de l'histoire, le truc "ils s'aimèrent et eurent plein d'enfants et tout et tout"... non, non. Mais l'instant de la rencontre, du premier baiser, du frisson que je m'imaginais étant enfant de ces secondes là. Justesse de ce sentiment, j'avais donc raison. Un frisson qui pourtant existe déjà en germe même si le déclencheur n'existera jamais... Et ce mâle charmant, faut bien qu'il sorte de quelque part (j'ajoute que la femelle charmante agit aussi sur moi). Alors merci à vous qui traînez dans la blogosphère et qui procurez de douces histoires, même malgré vous ! Ces fils inexistants de la toile qui font pourtant vibrer ! (ça tombe bien, j'aime bien les araignées).

Je suis sûre de ne pas être la seule dans ce cas là. L'être humain a un peu besoin de se raconter des histoires, sinon, que ferions-nous tous là... Avouez, ça vous le fait aussi, non ?

 

 

Bon, certes, des fois, on passe à l'acte. On n'a plus quatre ans non plus !

29.08.2007

supermarché

Parfois, ma seule sortie de la journée, c’est le supermarché. Ces jours là, c’est mon seul contact avec le monde extérieur, celui qui est palpable. Ce mot, palpable… L’autre jour, ce fut le cas, je sortais de la maison chercher la pitance familiale. Un manque de contact physique avec celui qui partage ma vie devenait crucial. Dans ces moments là, j’ai le sentiment de déborder. La moindre surface de peau réclame sa part de toucher, mon nez est à l’affût de la moindre phéromone qui me ferait dégoupiller… mes yeux cherchent une peau sur laquelle s’accrocher. Après, entre le caddie et ma liste, mon imaginaire fait le reste….

Tiens, toi, par exemple, tu es là, dans les rayons. Je t’ai bien vu, senti aussi. Tu bosses dans la chantier à côté, tu tiens de quoi casser la croûte. Ta peau est tannée par le soleil, des tâches de peinture la maculent ici et là...

Putain, mais lâche ça ! Vire mon caddie loin dans la travée ! Colle moi contre le rayon des boîtes de conserve et pose tes mains - jeunes et pourtant calleuses - sur moi ! Prends mes seins et baise ma gorge ! Enfourne ta langue dans ma bouche et ne me laisse pas le choix. Coince moi. Je n’attends que ça !

Colle toi contre moi et descends tes mains sur mes hanches. Je veux sentir ce qui se dessine entre tes jambes…

Tu veux changer ? prends mes cheveux et retourne moi. Ma tête calée dans les paquets de pâtes, je suis à toi ! Soulève ma jupe et empale moi ! Fais le ! Tu remontes tes mains de mes hanches le long de mes bras, tu prends mes mains et je sens ton souffle chaud dans mon cou…

Mais tu lâches et je m’agrippe aux rayons maintenant ! Tout tombe autour de nous ! Et…

Moutarde, ne pas oublier la moutarde…

Je me dirige vers les caisses. Non, là maintenant, il faut que je me concentre. C’est toujours un moment de grand stress l’étape de la caisse ! Vider le caddie, le remplir de l’autre côté. Payer. Partir.

Je ressors sur le parking. Le seul souffle que je ressens, c’est-ce vent chaud qui bouscule ma chevelure. Ma peau est toujours sur sa faim. Je navigue entre sourire et tristesse.

Mon homme va-t-il se réveiller ce soir ?

28.08.2007

j'mennuie

Alors j’ai ouvert par curiosité un espace sur myspace. Je ne sais pas à quoi ça sert vraiment. Il y a plein de gens qui veulent devenir mes amis, comme ça, spontanément. Alors moi, je dis oui ! Je suis une fille ouverte, curieuse et sympathique ! Ils me remercient d’avoir accepté l’invitation. Ils me donnent de leurs nouvelles alors que je m’en tape, ils s‘excusent de partir en vacances, d‘être absents momentanément… en plus ils sont dans le monde entier ! mais moi, je ne les connais pas ! Ils m’envoient des images étranges - limite inquiétantes d’ailleurs - ou très moches avec des choses qui clignotent. C’est incroyable le mauvais goût qui traîne dans ces espaces perso.

C’est comme tous ces blogs de mamans, qui se pâment sur les faits et gestes de leurs rejeton. C’est rempli de chats à gros nœuds et de bouquets de roses qui scintillent, de mots mielleux et de bonnes recettes qui prennent un temps incroyable.

Sur myspace, je joue le jeu. Je me suis réinventé, je me donne à voir sous l’angle qui m’arrange, je mens… et j’attends de voir.

Internet me fascine car il me donne l’impression de rentrer dans l’imaginaire des gens. Une vague impression tout de même, tout le monde s’améliore un peu dans le viruel, se fantasme… Mais pour beaucoup, quand ils se lâchent, quel mauvais goût quand même ! Je m’amuse de ça, je décèle les récits et les images dont les gens s’entourent. Je les mets dans des cases, eux qui semblent vouloir tant s’en échapper. Un sentiment d’être face à des publics d’études de marché…

Je ne mets pas au dessus de la mêlée, j’ai aussi des travers à deux balles. Mais j’aspire à autre chose quand même…