25.10.2007

et si...

et si en finir avec cette histoire pesante me permettait enfin d'en finir avec mes boulets ?

et si je perdais enfin la peur de ne pas être aimé ?

être aimé pour ce que je donne à voir ou ce que je donne en patûre,

être aimé pour de mauvaises raisons...

"aimez moi ! regardez comment je comble vos manques, comment je réponds à ce que vous ne m'avez même pas demandé ! aimez-moi parce que je vous rassure ! non vous n'aurez plus peur, je vous donne le vernis qui vous rassure, je rentre dans la case sans faire du bruit ! oui, je vous ai beaucoup inquieté avec mes dérives, mais là, voyez comme je me range..."

et aujourd'hui, je n'ai plus envie de sauver les apparences.

mauvaise fille, mauvais rôle,

mauvaise mère qui détruit la sacro-sainte famille,

celle qui fuit, celle qui renverse tout, celle qui fait mal,

celle qui juge, qui condamne et exécute froidement,

celle qui ne laisse plus d'espoir...

 

et si la clé de mes retrouvailles avec moi-même était là, au milieu de ce chaos apparent ?

je crois qu'elle est là...

renaître à soi.

 

 

ah, oui ! j'ai commencé ma thérapie !

 

23.10.2007

lumière

S'embraser comme à vingt ans. Mais avec la chance des expériences que l'on espère savamment digérées. Un mélange de déraison et de prudence, de pulsions et de questions. Envie surtout de préserver cette histoire naissante et ce sentiment qui s'affirme de jour en jour... Ce sentiment... chut ! nous le taisons, prenons plaisir à le déguiser, nous nous amusons à le traverstir sous des formes exotiques alors qu'il s'impose.

Et cet homme... ensemble, nous sommes là, simplement, pleinement. Ensemble le temps est notre allié, il ne passe ni trop vite, ni trop lentement. Nos rythmes s'accordent. Nos corps se complètent. Nos esprits se rencontrent. Quant à nos yeux, ils se perdent, se noient, nos regards se fondent. Une reconnaissance partagée. On se goûte, on se renifle, on se touche comme de petits animaux. On s'apprivoise doucement.

Troublante exactitude de nos échanges. Nous sentons...

Mais nous n'avons donc plus vingt ans et c'est tant mieux. Nous posons une pierre après l'autre, prudemment. Nos histoires passées derrière l'oreille, déjouer ce qui peut l'être dès le départ, d'autres travers viendront bien après. Mais surtout parler, dire, exprimer, verbaliser... Ne pas laisser de vide s'installer. Garder notre part de silence, oui, mais à bon escient.

Sans oublier de vivre et d'abuser de nos sens et plaisirs partagés...

ombre

Après avoir dit, j'ai fui... pendant quelques temps, le temps de rendre la situation intenable, le temps de me rendre compte de l'ampleur de mon leurre, de m'en vouloir, de lui en vouloir... pour ne plus finir par voir que ça : l'image fausse que je m'étais construite. Dès le début de notre histoire, je sentais que je partais sur de mauvaises bases, de mauvaises raisons. Je ne l'ai pas pris pour ce qu'il était, je lui ai construit une image qui pouvait rentrer dans mes cases d'alors. Ce n'était pas une histoire "pour moi" simplement, mais une histoire "sociale", trouver un père, fournir un gendre, se montrer au bras d'un compagnon. Quelle violence de se rendre compte de cela ! Il a senti tout cela et il n'a rien fait pour casser ce faux ordre apparent.

Mais il y avait de la sincérité dans l'amour que je lui portais, je respectais ce qu'il était, acceptais ses travers, l'accompagnais sur son chemin, comprenais le besoin de ses silences et ses secrets... Lui s'est installé dans cette relation, il savait que "j'étais là". Il le savait tellement qu'il a fini par ne plus me voir. Et quand j'ai fait trop de bruit, c'était pour m'éloigner. Il "comprennait" et me laissait faire. Fissure. Nous voilà chacun projeté et laissé complaisamment dans "nos" mondes respectifs. Chacun seul dans son esprit. Trop de respect tue le respect ?

Nos silences, compréhensifs mais surtout aveugles. Les siens ont fini par éteindre des mots qui auraient dû exploser. Les miens m'ont définitivement coupée de la réalité depuis longtemps. Tous ces vides de notre relation que nous avons rempli seuls, dans notre coin...

Aujourd'hui, la réalité s'impose. Froide, implacable... Il m'en veut de ne laisser aucune chance à cette histoire agonisante. Il se rend compte du chemin que j'ai fait seule dans ma tête. Mes silences et ma difficulté à "dire" m'insupportent. Aujourd'hui, il ne faut plus que j'aie peur de mes mots.

12.10.2007

j'ai dit "versatile" ?

Oui, c'est vrai. C'est le nom donné à ce blog, persuadée d'en faire le reflet d'une femme changeante, un coup oui, un coup non, sortant cette sempiternelle réponse : "je ne sais pas"... Peur de l'engagement, surtout ne rien prévoir, agir à la dernière minute selon ce que peut dicter l'envie d'alors... "souvent, femme varie..."

Ce mot là, "versatile", je l'avais cherché... Et comme une vieille habitude, il a fallu que je mette une étiquette pour que se définisse l'inverse. Cela fait longtemps que je n'ai pas été aussi déterminée.

Je sais ce que je veux, ce que je ne veux plus. Je ne connais pas le chemin, je ne sais pas de quoi il sera fait. Chaque jour, il se dessine un peu plus et affirme sa direction. C'est mon chemin, je le sens.

Alors... et Versatile ? Et bien je la garde cette étiquette ! Juste pour me rappeler qu'elle est derrière moi.

05.10.2007

poor lonesome cowgirl...

Donc me voilà dans cette maison, en coup de vent ou version mur, au choix. Je ne l'embrasse plus, ne le touche plus, lui parle travail uniquement (c'est le seul domaine où notre couple a toujours existé) et réponds à ses questionnements, quand je le peux.

Les effets de cette position sont à la limite du perceptible mais je les ressends, tout doucement je me reconstitue. L'image floue se précise par petites touches. Je commence à retrouver certaines choses. Je ne laisse plus de prises à ses mots. Je fais tout pour qu'ils glissent et ne me pénètrent pas. Alors je lui dit tout ça. Je sais que je lui fais mal mais je suis déterminée.

Mais parfois, tout en gardant mes distances, il faut bien donner le change. La déconstruction doit prendre du temps... Face aux amis et à la famille, je ne laisse rien paraître. C'est incroyable combien je sais faire comme si de rien n'était... avec cette sensation d'avoir tout le temps fait ça. Je souris, je prends la parole, discute... Quand la façade tombe une fois seule, je suis épuisée. Vidée... Je ne supporte même plus cette attitude.

Seule. Le sentiment de perdre dans le bon sens toutes mes parades passées et planques confortables. L'angoisse du vide derrière ces vitrines. Qui vais-je trouver dans le miroir ? Celle que j'ai été avec tout ses travers et qui doit se construire en les dépassant... C'est comme se défaire d'une dépendance de comportement. Sans tomber dans une nouvelle addiction.

Seule je dois faire ce chemin. Mes vieilles casseroles font encore trop de bruit derrière moi.

Se sentir nettoyée pour mieux succomber après... même si j'ai déjà un pied dans la tombe.

02.10.2007

banalité toxique

Pensées toxiques...

Aujourd'hui j'ai fait sauter quelque chose d'énorme. Je n'avais pas envie de lui parler, de lui réexpliquer combien je me sentais perdue, diluée, que je n'avais plus l'étincelle pour lui, que je lui en voulais d'avoir oublié la femme qui était à ses côtés... je ne manque pas d'arguments. Et lui, planté là, à attendre un os à ronger... Un espoir auquel s'accrocher.

Et puis c'est sorti : tu m'intoxiques ! Tu m'empoisonnes ! Toutes ces années où je l'ai laissé distiller des phrases au compte goutte, des petits mots, rien d'extraordinaire, que du banal... des petits grains de sable, qui lentement se sont accumulés, finissant par me définir, moi. Une montagne aujourd'hui ! Je me suis laisée dire ce que j'étais. Je n'ai pas vu. Le traumatisme tristement quotidien. Cette générosité horriblement présente. La prison dorée. J'ai fini par être ce qu'il disait de moi, rien de bien méchant, j'ai fini par douter des pensées que je pouvais émettre et pour finir, de ce que je suis, c'est ça le pire.

Intoxiquée dans mon corps qui se bouffe lui-même, intoxiquée dans mes pensées... j'ai besoin de me sentir neuve ! C'est incroyable de voir comment mon corps s'est détendu après ces mots... quelque chose de profond s'est décrispé.

Alors, je lui ai dit que, non, je ne lui en veux pas, c'est contre moi que je suis en colère !

Mais aujourd'hui, je ne supporte plus qu'il s'approche de moi. Qu'il me parle. Qu'il me remette sous son emprise. Je doute à chaque fois que je suis dans ces murs, que j'écoute ses mots. Je ne peux plus. Alors oui, je vais partir plus souvent de la maison. Je vais prendre du temps pour moi hors de lui. Loin de lui.

Et c'est tellement légitime qu'il n'a pu rien dire à cela...

 

(penser à faire attention à ce que je dis et répète au quotidien à ma fille...)

 

dissection

Oui, arrêter de tout mélanger. Dissocier les problèmes, prendre un peu de recul. J'y suis arrivée ! Pas peu fière, la versatile... Tout reste lié, perméable, mais ce n'est plus un fourre tout, une de ces situations où seule la fuite urgente paraît être la solution. Alors je me retrousse les manches (comme je me sens froide et résolue par moments... je me fais peur !).

niveau 1 : traiter le combat du siècle (en partie car ce n'est jamais fini...). Comme tout le monde, je traîne mes vieilles casseroles depuis longtemps. Trop longtemps. Aujourd'hui, elles me semblent être devenues des enclumes. Chercher. Couper les liens. Me délester. De mes sales habitudes de comportement, du pli que j'ai pris face à la vie. Arriver à me redéfinir par du "plein" et pas par des manques ou des vides. Reprendre confiance.

niveau 2 : ma relation avec lui, qui partage ma vie depuis 8 ans. Là, je dois regarder les choses en face. Le sentiment que tout était faussé dès le départ. A se demander si, finalement, le plus compliqué dans l'histoire, ce n'est pas de s'avouer s'être menti à soi-même. Et donc, aux autres... Et de vivre avec cet homme qui s'est aveuglé lui-même. Les alarmes ont été nombreuses pourtant. Je ne les ai pas forcément bien exprimées, en tout cas, il n'a pas voulu les voir. Mais ce qui se passe là, maintenant, ne tombe pas des nues. C'est un long processus qui arrive à son terme. Et puis, ce n'est pas une vie que de se renier pour continuer ensemble, que l'on se force à faire rentrer des ronds dans des carrés, sans en tirer satisfaction. Nous sommes tombés dans la résignation.

niveau 3 : ce qu'il y a autour. ce qui m'oriente, me rassure, me perturbe. Je sais maintenant que ce n'est pas un problème, que cela n'intervient que peu dans le fond de ma décision. Cela adoucit le chemin que j'emprunte, rend les choses plus évidentes.

Et l'enfant dans tout ça ? Je n'arrive pas à avoir peur. Je sais qu'elle aura tout à gagner d'une femme entière que d'une mère éparpillée...

Toutes les notes